Une solution géotextile pour dépolluer les sols perméables, comme les parkings
La société AMTER a conçu un produit innovant afin de répondre aux nouvelles pratiques urbaines qui privilégient les revêtements perméables. C’est au CRITT Horticole qu’elle a trouvé les compétences et les infrastructures nécessaires pour finaliser la mise au point. Ce projet est un bon exemple de notre activité d’aide à l’innovation, et de l’accompagnement qui peut en résulter.
Il y a quelques années, 90 % des parkings étaient construits avec un enrobé imperméable qui comprenait un séparateur pour bloquer les hydrocarbures. La tendance a complètement changé, comme l’explique Jean-Marc Lecoq, de la société AMTER. « De plus en plus, les aménageurs de l’espace urbain souhaitent que l’eau entre dans le sol et revienne à son point de chute. Cela suppose qu’elle soit débarrassée des hydrocarbures et huiles émanant de l’activité automobile pour ne pas polluer les nappes phréatiques lorsqu’elle ruisselle. »
AMTER a donc cherché une solution pour purifier cette eau d’infiltration et a imaginé un géotextile qui retient et biodégrade naturellement les hydrocarbures.
3 couches et des bactéries qui travaillent
Pour limiter la pollution dans les eaux de ruissellement, le procédé s’appuie sur un biofilm microbien chargé de dégrader les hydrocarbures. Pour cela, trois niveaux textiles sont nécessaires :
– La couche supérieure est un apport nutritif et d’aide à la construction du biofilm microbien.
– La couche du milieu favorise le développement naturel d’une biomasse microbienne, pour capturer les polluants qui seront ensuite biodégradés dans le temps.
– La couche inférieure constitue un soutien en cas de pollution accidentelle.
Le résultat offre des performances bien supérieures au séparateur des sols imperméables qui laissait encore passer 5 mg/l de résidus, là où le géotextile affiche une valeur résiduelle moyenne d’hydrocarbures dans l’eau inférieure à 1 mg/l. « Il convient donc aux noues, bassins d’infiltration ou surfaces engazonnées », explique Jean-Marc Lecoq, qui a sollicité les scientifiques du CRITT Horticole pour valider et finaliser le procédé technique.
Faire certifier les essais par un centre de recherche
Jean-Marc Lecoq revient sur sa collaboration avec le CRITT Horticole : « Tous nos essais réalisés en interne étaient concluants, mais nous voulions qu’ils soient validés par un centre de recherche agréé et par des scientifiques qui connaissent bien ces problématiques urbaines. Je me suis donc mis en quête d’un centre de recherche lié à la nature. Il y a toutes ces compétences au CRITT Horticole, notamment des spécialistes des noues. Avec eux, nous avons recréé un habitat favorable aux bactéries avec une approche globale sur le fonctionnement de la flore, de la faune et des systèmes racinaires. Ces échanges ont permis entre autres d’améliorer la couche de soutien alimentaire pour les bactéries. » Le CRITT Horticole, en plus d’apporter un regard neuf au projet, a pu mettre à disposition une partie de sa serre pour mener les tests dans des conditions contrôlées. Le CRITT a également pu accompagner l’entreprise dans sa demande d’aide PTI[m1] , permettant de financer une partie des tests réalisés.
Le fondateur d’Amter a apprécié la mise en place rapide d’un protocole d’expérimentation et la régularité des résultats fournis. « Le 1er essai portait sur les analyses de l’eau et nous avions un bilan chaque semaine. Ensuite le CRITT a effectué deux tests en reconstituant des parkings perméables dans des grands bacs, l’un avec gazon et l’autre en matériau minéral. Puis ils ont simulé la vie d’un parking en versant de fortes doses d’hydrocarbures, jusqu’à 13 fois la dose moyenne ! Il s’agissait d’observer le comportement du géotextile en cas de pollution importante. ».
Si le géotextile Amter est désormais commercialisé, Jean-Marc Lecoq poursuit sa collaboration avec le CRITT Horticole pour étudier d’autres cas de figure, une pollution soudaine d’huiles de moteur par exemple en cas d’accident. Il est plus particulièrement en contact avec Agathe Bombail, Chargée des expérimentations en génie végétal. « Ce partenariat avec le CRITT est très positif, il nous apporte beaucoup pour aborder tous les aspects du produit et les échanges sont rapides et fluides. »
