Expertise végétale

Le saviez-vous ? Les toitures végétalisées ne sont pas des gîtes à moustiques

Toitures végétalisées moustiques tigres

Avec la progression du moustique tigre, les aménagements urbains sont souvent pointés du doigt. Les toitures-terrasses — et en particulier les toitures végétalisées — font régulièrement l’objet d’interrogations.

Pourtant, les retours d’expérience et les analyses techniques convergent : bien conçues, elles ne constituent pas des environnements favorables à son développement.

Une étude de la CSFE qui remet les choses au clair

Les travaux publié dans Etanchéité.INFO menés par la Chambre Syndicale Française de l’Etanchéité montrent que les toitures-terrasses ne présentent pas, dans la majorité des cas, de conditions propices au développement larvaire.

Le point clé reste simple : le moustique tigre a besoin d’eau stagnante accessible.

Or, la conception des toitures-terrasses repose précisément sur l’inverse :

  • une pente minimale pour assurer l’écoulement,
  • des dispositifs d’évacuation fonctionnels,
  • des systèmes constructifs limitant les zones de rétention.

Dans ces conditions, l’eau ne reste pas durablement en surface et ne permet pas le développement du cycle larvaire.

Même dans le cas de systèmes avec protection lourde ou dalles sur plots, l’eau est répartie, drainée ou masquée, ce qui limite fortement son accessibilité.

EPURE : intégrer le risque moustique dans les solutions urbaines

Au-delà de ce constat, la question du moustique tigre ne peut pas être traitée uniquement sous l’angle réglementaire ou théorique.

C’est précisément l’un des enjeux du projet EPURE, porté par le CRITT Horticole et la Plateforme TIPEE.

Ce projet vise à évaluer concrètement les solutions de végétalisation urbaine — toitures végétalisées, systèmes d’irrigation, gestion des eaux — à l’échelle du bâtiment et du quartier.

Dans ce cadre, le risque moustique est intégré comme un critère d’analyse à part entière :

  • observation des conditions de présence d’eau,
  • identification des points potentiels de stagnation,
  • analyse de l’accessibilité pour les insectes.

L’objectif est de dépasser les idées reçues pour produire des références techniques fiables, utiles aux collectivités et aux concepteurs.

Toitures végétalisées : l’expertise du CRITT Horticole

Sur les toitures végétalisées, le fonctionnement réel est souvent mal compris.

Contrairement à une idée répandue, ces systèmes ne stockent pas de l’eau libre en surface. Ils reposent sur un équilibre entre :

  • absorption par le substrat,
  • consommation par les plantes,
  • drainage de l’excédent.

L’eau est donc retenue temporairement, puis restituée ou évacuée, sans créer de conditions favorables à la reproduction des moustiques.

Au CRITT Horticole, les travaux menés sur les systèmes de végétalisation permettent de caractériser précisément ces comportements :

  • capacité de rétention en eau des substrats,
  • dynamique de drainage,
  • performance des couches filtrantes et drainantes,
  • interaction entre végétation et gestion de l’eau.

Ces approches expérimentales permettent de sécuriser les conceptions et d’apporter des éléments objectifs sur le fonctionnement réel des ouvrages.