Expertise végétale

Mon travail au CRITT : De l’auto en Suède aux serres de Rochefort avec Guillaume

Reconversion professionnelle CRITT Horticole

En jouant sur les mots, on pourrait qualifier la reconversion professionnelle CRITT Horticole de Guillaume Mercier de virage sur les chapeaux de roues, voire même en épingle à cheveux ! Cet ingénieur, qui a travaillé très longtemps dans l’industrie automobile européenne, a rejoint le CRITT Horticole il y a un an.

Reconversion professionnelle CRITT Horticole : Une évidence, être en lien avec la nature

Il le reconnait volontiers, son parcours est atypique. Sa formation de polytechnicien le conduit tout d’abord à intégrer l’industrie automobile en tant qu’ingénieur aérodynamicien en Allemagne puis en Suède, où il fonde une famille. La crise climatique et la prise en compte des préoccupations environnementales affectent peu à peu sa motivation. « Je ne croyais plus au monde de l’industrie automobile, je ne trouvais plus de sens à mon travail », avoue-t-il. Commence alors une remise en cause importante, impactant tout son foyer. Quel métier exercer, et où s’installer, avec son épouse ne parlant pas français et leurs trois jeunes enfants.

Le projet de Guillaume prend forme. L’envie est de déménager vers le sud-ouest de la France, en orientant sa carrière vers le végétal. D’abord tenté par le maraîchage, Guillaume renonce à une installation à la campagne. « C’était trop compliqué en termes d’intégration pour mes proches », reconnait-il. Pourtant, il persévère dans son idée de travailler en lien avec la terre et la nature, et envisage même de devenir provisoirement ouvrier agricole, le temps de faire murir son idée. Il consulte donc les sites d’emploi spécialisés dans ce secteur. Tout bascule alors très vite : « Je pense qu’on peut parler de destin ! Sur un site de recrutement, je tombe sur 2 offres publiées par le CRITT de Rochefort, l’une concernant les green cities, l’autre comme chargé de projet pour la maîtrise d’œuvre des serres horticoles. Ce dernier poste cochait de nombreuses cases par rapport à mes aspirations. J’ai postulé. » Il intègre donc les équipes en charge de la conception et de la construction des serres.

 

Fierté, innovation, adaptation…

Son passé d’ingénieur l’avait rompu aux activités transverses et techniques, orientées R&D. Malgré cette expérience, Guillaume reconnait qu’à 46 ans, il a dû beaucoup apprendre. «Avec mes collègues, nous travaillons sur la programmation des serres horticoles, ainsi que sur l’assistance aux clients pour la maîtrise d’œuvre. Ce métier fait appel à la fois à des compétences techniques, qui rejoignent ce que je connais en termes de mécanique et de calculs, mais également toutes les données concernant la production végétale. Ce dernier point était un nouveau domaine pour moi, j’ai dû m’adapter et me former, d’où la sensation parfois que tout n’est pas encore parfaitement fluide mais je sais que cela va venir. »

L’environnement fermé d’une serre cumule des mesures très précises en matière d’infrastructures, ainsi qu’une forte technicité pour répondre au cahier des charges horticole. Quels végétaux veut-on faire pousser, avec quelles conditions de culture, dans quel but ? « Chaque construction de serre correspond à une demande particulière. Cette diversité de questions est captivante car en tant que bureau d’études, nous devons prendre en compte tous les aspects de la serre : irrigation, alimentation en énergie et réseaux, ensoleillement, matériaux, aération, hygrométrie, création d’un climat spécifique pour les plantes, dispositifs sanitaires, ergonomie, etc. »

Guillaume le reconnait, c’est bien cette complexité qui lui plait, et le fait d’être en éveil permanent. « Nous travaillons entre experts passionnés par le végétal, cet engagement très fort nous relie, y compris vis-à-vis des donneurs d’ordre et des différents corps de métier du bâtiment avec lesquels nous collaborons. »

Bilan au bout d’un an ? « L’impression de participer aux évolutions sociétales, d’avoir fait ma part de résilience en osant tout changer dans ma vie.» Satisfait de progresser sans cesse dans cette nouvelle voie professionnelle, Guillaume témoigne de sa fierté d’avoir réussi cette transition, et surtout de redevenir positif. Avec une trajectoire bien dans les clous !

 

Interview réalisée par Claire Goutines