Le saviez-vous : les colorants végétaux ne viennent pas que des fleurs

Quand on évoque les colorants végétaux ou les pigments naturels, on imagine volontiers une fleur éclatante dont les pétales colorés livreraient directement leur teinte. Pourtant, cette image est trompeuse.
Dans la nature, les pigments ne servent pas qu’à embellir : ils jouent un rôle biologique essentiel. Ce sont des composés produits par la plante pour se protéger, communiquer ou attirer les pollinisateurs. Véritables outils de défense, ces molécules colorées participent à la survie des végétaux, qui adaptent leur composition pigmentaire selon les conditions du milieu.
Et contrairement aux idées reçues, ces pigments ne proviennent pas uniquement des fleurs : la nature en cache dans presque toutes les parties des plantes, du bois aux racines, en passant par les fruits, les écorces ou les feuilles.
Des couleurs nées du stress des plantes
Les colorants que nous extrayons et utilisons sont bien souvent la réponse d’une plante à un stress. Ils apparaissent lorsqu’elle doit faire face à une sécheresse, à une attaque d’insectes, à une infection fongique ou encore à une blessure.
En produisant ces molécules, la plante limite les dégâts et renforce sa résilience. Ce processus biologique, d’abord invisible, se traduit par une palette de couleurs d’une richesse fascinante, qui inspire aujourd’hui la recherche et l’industrie.
Au-delà des fleurs : une richesse insoupçonnée
Si certaines fleurs comme le coréopsis, le réséda ou le solidage sont bien connues pour leurs propriétés tinctoriales, elles ne sont pas les seules à receler des colorants. On en retrouve aussi dans le bois comme le campêche ou le bois rouge, dans l’écorce de bourdaine, dans les racines de la garance, dans les gaines foliaires du sorgho, dans la peau de l’oignon, dans certains fruits tels que les baies de nerprun mais également dans les feuilles comme celles du henné. Cette richesse témoigne de la diversité biologique et chimique des végétaux, capables de produire des colorants dans presque tous leurs organes.
Le rôle du CRITT Horticole : explorer, valoriser, innover
Au CRITT Horticole, nous explorons cette richesse à travers des screenings de plantes afin d’évaluer leur potentiel tinctorial.
Nos travaux portent aussi bien sur des espèces cultivées que sur des coproduits agricoles ou des parties végétales considérées comme des déchets, que nous réévaluons comme sources possibles de pigments naturels.
Parallèlement, nos cultures tinctoriales expérimentales permettent d’identifier les conditions de croissance les plus favorables à la production de colorants, alliant valorisation de la biomasse et amélioration des pratiques culturales.
Cette double approche, à la fois scientifique et écologique, vise à développer une filière durable et innovante au service des industries du textile, de la cosmétique, de l’alimentaire et des matériaux biosourcés.
Une biodiversité source d’avenir
Les colorants naturels ne sont pas qu’un héritage du passé : ils constituent une ressource d’avenir.
En explorant la diversité végétale et les stratégies naturelles de coloration, la recherche ouvre la voie à des solutions respectueuses de l’environnement et à de nouvelles applications industrielles.
Au CRITT Horticole, cette conviction guide notre travail : révéler la couleur cachée du vivant, pour en faire un levier d’innovation durable.
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