Le CRITT Horticole au WGIC 2026 : de la durabilité des toitures végétalisées à l’adaptation des villes au climat

Du 27 au 30 octobre 2026, le CRITT Horticole participera au World Green Infrastructure Congress (WGIC 2026), organisé cette année à Barcelone et Lleida.
Ce rendez-vous international consacré aux infrastructures vertes réunira chercheurs, professionnels, collectivités, concepteurs et industriels autour d’un même enjeu : mieux intégrer la nature dans les villes pour les rendre plus résilientes face aux évolutions climatiques. Après Berlin en 2023, Auckland en 2024 et Bâle en 2025, cette douzième édition prendra place dans un contexte méditerranéen particulièrement intéressant pour réfléchir à l’adaptation des espaces urbains aux fortes chaleurs et au manque d’eau.
Le CRITT Horticole y contribuera à travers deux posters scientifiques, qui illustrent deux facettes complémentaires de nos travaux sur les systèmes végétalisés : leur durabilité technique et leur performance environnementale.
Dix ans d’essais pour mieux comprendre la résistance des étanchéités aux racines
Le premier poster, présenté par Arnaud Fertet, est consacré à la résistance à la pénétration racinaire des membranes d’étanchéité utilisées en toiture végétalisée. Intitulé “Root Resistance of Waterproofing Membranes for Green Roofs: Insights from 10 Years of Standardized Testing (EN 13948 and FLL)”, ce travail, réalisé avec Agathe Bombail et Cassandra Gouguec du CRITT Horticole, ainsi que Yannick Dubois et Céline Cannier du CSTB, s’appuie sur un patrimoine expérimental particulièrement important : 64 essais conduits au cours des dix dernières années selon la norme EN 13948 et les recommandations FLL. Membranes bitumineuses, PVC, systèmes d’étanchéité liquide ou encore membranes synthétiques : cette analyse rétrospective permet de comparer le comportement de nombreuses familles de produits dans un cadre expérimental homogène. Mais elle met également en évidence un élément fondamental : la performance d’une toiture ne dépend pas uniquement du matériau utilisé. Les jonctions, interfaces, soudures et défauts localisés constituent des zones particulièrement sensibles. L’analyse des différents essais permet ainsi d’identifier les modes de défaillance les plus fréquents et de mieux comprendre l’influence de la conception et de la qualité de mise en œuvre sur la résistance globale du complexe d’étanchéité.
Au-delà de la comparaison entre matériaux, ce retour d’expérience sur dix ans apporte également des éléments sur la capacité des méthodes normalisées actuelles à distinguer les performances des différents systèmes.
EPURE : mesurer ce que la végétalisation apporte réellement à la ville
Le second poster nous fait changer d’échelle. Présenté par Hugo Geoffroy de la plateforme TIPEE, il porte sur le projet EPURE, mené conjointement par TIPEE et le CRITT Horticole. Intitulé “EPURE: Assessing the Impact of Green Roofs and Urban Greening on Thermal Comfort and Urban Well-being under Climate Change”, il s’intéresse cette fois à une question devenue centrale pour les villes : comment quantifier réellement l’effet des solutions de végétalisation sur la surchauffe urbaine ?
Le projet associe pour cela mesures expérimentales et modélisation numérique. Sur plusieurs sites pilotes, différentes données sont acquises afin de caractériser le fonctionnement des solutions végétalisées : indice foliaire, résistance stomatique, albédo, comportement thermique des substrats et de la végétation… Ces mesures permettent ensuite d’alimenter des simulations dynamiques et de comparer différents scénarios d’adaptation. L’objectif est notamment d’évaluer leurs effets sur le confort d’été dans les bâtiments, l’exposition à la chaleur et les besoins énergétiques, tout en intégrant d’autres paramètres tels que la consommation d’eau, l’empreinte carbone ou les contraintes de mise en œuvre.
L’enjeu est donc de dépasser le simple constat selon lequel « végétaliser rafraîchit » pour parvenir à mesurer dans quelles conditions, dans quelles proportions et avec quelles contraintes une solution est réellement pertinente.
De la membrane d’étanchéité à l’échelle de la ville
À première vue, les deux sujets peuvent sembler très différents. Le premier étudie ce qui se passe au contact d’une membrane d’étanchéité et des racines. Le second cherche à caractériser les effets d’une infrastructure végétalisée à l’échelle d’un bâtiment, voire d’un quartier. Ils illustrent pourtant une même logique : produire des données expérimentales permettant de fiabiliser les solutions végétalisées et d’accompagner leur développement. Car pour que les infrastructures vertes occupent durablement une place dans les villes de demain, encore faut-il être capable d’en garantir à la fois la durabilité, les performances et les conditions de mise en œuvre. C’est précisément cette approche, à l’interface entre végétal, bâtiment et expérimentation, que le CRITT Horticole portera au WGIC 2026 à Barcelone.
Le congrès réunira du 27 au 30 octobre des contributions scientifiques, des retours d’expérience, des visites techniques et une journée consacrée à la recherche et à l’innovation, avec plus de 120 communications soumises et des participants attendus de plus de 35 pays.
